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Les films de gangsters sont souvent très critiqués, on les accuse de glorifier la violence, l'argent facile, l'illégalité et de donner une image tout à fait fausse du gangster romantique. Tout cela est vrai mais un bon film de gangster est toujours un excellent divertissement. Avec L'impasse nous avons à faire à un chef d'oeuvre, Brian de Palma démontre tout son génie de la mise en scène dans ce film de 1993.
Le film s'ouvre sur le visage d'Al pacino, il est allongé sur un brancard, il vient de se faire tirer dessus et dans quelques minutes il sera mort. Avec une telle entrée en matière on pourrait penser que le film présente peu d'intéret car on sait déjà que le personnage principal, Carlito Brigante (Al pacino), va mourrir. Mais ce n'est pas le cas et c'est là que Brian De Palma exprime son génie. La totalité du film est en flashback, et l'on suit le combat de Carlito bien décidé à rentrer dans le droit chemin après avoir gouté à la prison pour trafic de drogue. Seulement il ne cesse de renconter des obstacles souvent provoqués par son avocat Kleinfeld (Sean Penn) qui est complètement défoncé 24h/24.
La photographie de ce film est très soignée ce qui renforce encore plus l'univers, les personnages sont tous excellents (surtout Sean Penn en avocat véreux) et Al pacino (qui arbore une barbe magnifique) fait preuve d'une classe sans égale. L'univers reste cependant très classique, mais la force du film est ailleurs. On est réellement passionné par le combat de Carlito, on espère qu'il va s'en sortir, qu'il va pouvoir goûter à la retraite paisible dont il rêve.Et quand arrive la dernière scène, quand on voit qu'il se fait tirer dessus, on dit bravo Mr De Palma. En effet la mise en scène nous a fait totalement oublier la première scène et on croyait vraiment qu'il allait s'en sortir. Et quand on voit qui abat Carlito, on ne peut qu'applaudir le génie de Brian De Palma qui nous avait fait complètement oublier ce protagoniste.
Ce film est un incontournable des films de mafieux, je le conseille aussi à tous ceux qui veulent voir le génie de De Palma s'exprimer dans la mise en scène. Du grand Art.
Les films de gangsters ne glorifie pas la violence ni l'argent facile. Prenons un exemple connu de tous : Scarface. Pour certains c'est l'image parfaite de la réussite, le rêve américain. Beaucoup de rappeurs s'en inspirent et tony montana reste un semi-dieu pour beaucoup d'entre eux.
Reste le film. Si on fait un peu marcher sa matière grise, on voit à quoi conduit la violence dans ce film : il tue son meilleur ami, sa soeur, sombre dans la drogue, devient de plus en plus égocentrique et mauvais, fini noyé au dessus d'une statue "the world is yours". Victime d'avoir voulu conquérir le monde. Au moins une scène est criante de vérité sur ce point. La scène où il crie dans le jacuzzi après sa femme Pfieffer, Manny l'engueule pour son attitude et il continue. Seul dans ses bulles il crie contre le monde avec son verre de champ' à la main, et vient un splendide plan d'ensemble avec tout ce luxe, et pacino au milieu de tout cela.
La violence gratuite est moins présente dans les films de gangsters avec finalement peu de morts, de coup de feux. Reste des passages crus certes, la voiture en sang dans pulp fiction, l'oreille dans reservoir dogs, la tronçonneuse dans scarface, etc etc. Cependant elle sert une vision peut-être idéalisée de l'univers réel des mafieux, mais la vision du réalisateur. Tant que cela n'entâche pas le film, c'est justifié.
Pour moi, le plus bel exemple de violence gratuite, d'image trompeuse, ce sont tous les films de flics bouseux genre les Vin Diesel, les productions Besson, les Schwarzi, Stallone et compagnie. Les films qui foisonnent de mecs qui se font buter en trente secondes, de voitures qui sautent les routes, d'explosions...